
Palais de Khudayar Khan
Palais de Khudayar Khan
Résidence du dernier khan de Kokand, le palais de Khudayar Khan conserve 19 salles ornées, une façade polychrome et un musée historique au cœur de la vallée de Ferghana.
Le palais de Khudayar Khan, surnommé la « Perle de Kokand », fut la résidence du dernier souverain du khanat de Kokand. Cet ensemble du XIXe siècle, partiellement préservé, abrite aujourd'hui un musée et constitue l'un des sites majeurs de la vallée de Ferghana, à l'est de l'Ouzbékistan.
Pourquoi visiter le palais de Khudayar Khan
Le palais retient l'attention pour trois raisons. D'abord son identité visuelle : alors que la plupart des monuments ouzbeks privilégient le bleu et le turquoise, sa façade ajoute le jaune et le vert, créant une polychromie distinctive en Asie centrale. Ensuite son intérêt historique : il s'agit du dernier d'une série de sept palais bâtis par les khans de Kokand, chacun voulu plus grand que le précédent. Enfin, l'édifice raconte un destin politique mouvementé, de l'apogée du khanat à la conquête russe puis aux démolitions soviétiques.
Histoire du palais
La construction du palais débute dans les années 1863-1874, sous le règne de Sayid Muhammad Khudayar Khan. L'architecte Mir Ubaydullo conçoit l'ensemble dans un style traditionnel d'Asie centrale, mobilisant 80 maîtres d'œuvre et environ 16 000 ouvriers conscrits. Les dimensions initiales du complexe atteignent 138 mètres sur 68 mètres.
Une anecdote éclaire le projet : Khudayar Khan aurait souhaité offrir un cadre digne à sa mère, qui continuait à vivre dans une yourte nomade. Une fois les travaux achevés, celle-ci fut installée dans une cour du palais, sa yourte montée à l'intérieur même de l'enceinte.
Le diplomate américain Eugene Schuyler, qui visite le palais peu après son achèvement, le décrit comme « beaucoup plus grand et plus magnifique que tout autre édifice en Asie centrale… éblouissant dans toute sa splendeur grâce à ses tuiles fraîches, bleues, jaunes et vertes ».
La conquête russe de l'Asie centrale met fin à cet équilibre. Le khanat est reconverti en État vassal, Khudayar Khan est exilé et ses biens dispersés. En 1917-1918, Kokand devient le siège d'un gouvernement anti-bolchevik. Après la prise de la ville par les bolcheviks en 1918, une grande partie du palais est démolie, à commencer par le harem, qui occupait environ la moitié du complexe. Sur les quelque 114 pièces d'origine (119 selon certaines sources), 19 ont été préservées.
L'édifice connaît ensuite plusieurs vies : mis à disposition de l'Union des Kosci en 1921, il accueille une exposition agricole en 1924, devient un musée en 1925, puis sert d'hôpital militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Une vaste campagne de restauration a été engagée à partir de 2009, et le site est aujourd'hui classé monument national. Il accueille régulièrement des événements culturels, dont le Festival international de l'artisanat.
Que voir sur place
Les jardins et la façade
La visite commence par les jardins paysagers, qui couvrent environ quatre hectares. Une rampe mène à l'entrée principale, surélevée à cinq mètres du sol. Au-dessus de la grande porte, une inscription en arabe annonce : « Haut palais de Sayid Muhammad Khudayar Khan ». La façade, couverte de carreaux mêlant motifs géométriques et calligraphies, illustre la palette polychrome bleu-turquoise-jaune-vert qui fait la signature de l'édifice.
La salle du trône
La salle du trône expose une réplique du siège royal. L'original, en or serti de pierres précieuses, est conservé au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Les visiteurs peuvent s'asseoir sur la reproduction, ce qui en fait l'un des points forts de la visite.
Les anciennes fonctions administratives et religieuses
Le bureau du secrétaire en chef accueille aujourd'hui une exposition d'animaux empaillés et de plantes de coton, évoquant l'économie de la vallée. À proximité, la mosquée du ministre de la guerre et son antichambre — ancien vestiaire de prière — abritent des œuvres du sculpteur sur bois Khaidarov.
Les pièces privées et expositions thématiques
La chambre à coucher de Khudayar Khan présente des vases chinois et japonais exposés dans des niches murales, témoignant des échanges entre Kokand et l'Asie orientale. Les anciennes salles de réception accueillent aujourd'hui des expositions sur la bijouterie, l'habillement traditionnel et la métallurgie ouzbèke.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1h à 2h pour parcourir les pièces et les jardins.
- Tarif : entrée à coût modique pour les visiteurs étrangers ; supplément éventuel pour la photographie.
- Horaires : ouvert toute l'année, jours et plages d'ouverture variables selon la saison — vérifiez localement avant la visite.
- Visites guidées : disponibles sur place, recommandées pour saisir le contexte historique.
Comment s'y rendre
Le palais se trouve au centre de Kokand, à environ 2 km au nord de la gare ferroviaire. Depuis la gare ou depuis votre hébergement, le taxi reste le moyen le plus simple. Kokand est reliée par train à Tachkent (environ 5h via le tunnel de Kamtchik) et par route à Ferghana et Andijan, les deux autres pôles de la vallée.
À voir autour
Kokand conserve plusieurs vestiges du khanat, à combiner avec la visite du palais : la madrasa Norbut-bey, le complexe funéraire Modari Khan et le bazar Jamia. Pour prolonger le thème des grandes résidences souveraines d'Ouzbékistan, le palais Ak-Saray à Shahrisabz, construit par Tamerlan, offre un autre regard sur l'architecture palatiale d'Asie centrale. Les amateurs de sites archéologiques pourront aussi rejoindre Toprak Kala au Karakalpakistan ou le musée archéologique de Termez au sud.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Prolonger la découverte
Le palais de Khudayar Khan s'inscrit naturellement dans un itinéraire combinant Tachkent, la vallée de Ferghana et les villes de la Route de la Soie. Pour préparer votre séjour, consultez nos voyages en Ouzbékistan sur mesure.
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