Nécropole Chah-e-Zindeh

La nécropole de Chah-e-Zindeh, dont le nom provient du perse « Roi vivant », en hommage à Qutham Ibn Abbas – le cousin du prophète Mahomet, est l’un des sites spirituels les plus importants de Samarcande. C’est aussi un trésor architectural pour la ville depuis plus d’un millénaire.

Histoire

Le complexe de Chah-e-Zindeh a été fondé dans les premières années du XIe siècle, au début de la dynastie des Qarakhanides. C’est un endroit hautement sacré pour les musulmans, en raison de la présence de la tombe de Qutham Ibn Abbas. Surnommé le « Roi vivant », le cousin du prophète Mahomet était le premier ambassadeur de l’Islam en Asie centrale (anciennement nommée Transoxiane).

Selon la légende, Qutham Ibn Abbas est mort en martyr, tué en pleine prière par des non-croyants à Samarcande. La suite de l’histoire se décline alors en deux versions : certains disent qu’il est monté au ciel, d’autres récits rapportent qu’il s’est éclipsé dans un puits sacré. Cependant, dans les deux cas, Qutham Ibn Abbas a fait la promesse de « revenir sur terre » si l’islam se trouvait en danger.

La tradition s’est ensuite répandue qu’être enterré près du tombeau du Roi vivant permettait de recevoir sa bénédiction. Ainsi, des personnalités importantes ont leur mausolée au sein du complexe, dont deux épouses du guerrier Tamerlan, Touman Aka (1405) et Koutloug Aka (1361).

Découvrir la nécropole de Chah-e-Zindeh

Le complexe de Chah-e-Zindeh est aujourd’hui inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais alors que les grands monuments de Samarcande s’imposent d’emblée dans le décor de la vieille ville, la nécropole se fait beaucoup plus mystérieuse, ne révélant sa véritable beauté qu’à ceux qui la parcourent. D’éminents photographes et peintres comme Hugo Krafta et Pavel Benkov ont dépeint une partie de ses secrets, notamment « l’Escalier du paradis » que vous pouvez arpenter en toute sérénité.

Déambulez dans un lieu chargé d’histoires et de spiritualité

Gravissez « l’Escalier du paradis », aussi appelé « Escalier des pécheurs », pour accéder au complexe. Comptez les marches en montant et en descendant, car selon la légende, si vous trouvez les mêmes nombres, votre vœu le plus cher se réalisera.

L’escalier vous conduit à une galerie étroite, donnant sur des mausolées à la décoration sophistiquée. Bâtis dans la seconde moitié du XIVe siècle, les édifices adoptent un plan commun : l’entrée est marquée par un portique orné de céramique, puis chaque monument possède sa coupole nervurée ou hémisphérique. Pour contempler les mausolées les plus anciennes, montez au sommet de la colline.

A part les mausolées de Touman Aka et Koutloug Aka, la nécropole de Chah-e-Zindeh abrite également les tombes d’autres proches de Tamerlan, comme sa deuxième sœur, un fils inconnu et sa nièce. Sur la tombe de cette dernière, vous pouvez distinguer la mention : « C’est une tombe où une précieuse perle a été perdue ».

Beaucoup de mystères entourent encore les sépulcres de Chah-e-Zindeh. Par exemple, dans le mausolée de Kazy Zadeh Roumi, le plus grand monument de la nécropole, on a découvert le squelette de ce qui pourrait bien être la nourrice de Tamerlan (au lieu des restes de Kazy Zadeh Roumi). Datant du XVe siècle, le mausolée octaédrique quant à lui ne conserverait aucune relique humaine. Certains spécialistes pensent qu’il s’agit d’un minaret, mais les preuves architecturales ne sont pas encore complètes pour justifier cette hypothèse. Trois autres mausolées s’alignent le long de l’allée, mais on sait encore peu de choses sur eux.

Découvrez le lieu où Qutham Ibn Abbas a été décapité

En visitant le mausolée de Touman Aka, remarquez la coupole bleu turquoise en son centre. Selon la tradition, le portail, affectueusement surnommé « Porte du paradis », dessert le royaume de Qutham Ibn Abbas. Ensuite, vous avez la salle de prière où les disciples se rassemblent pour écouter les paroles de l’imam. On dit que c’est à cet endroit que Qutham Ibn Abbas a été décapité. Enfin, dans un coin de la pièce, derrière un grillage en bois, se niche le fameux tombeau du Roi vivant sur lequel apparaît l’inscription : « Celui qui est mort en suivant Allah, n’est pas mort : en vérité il est en vie ».

D’autres vestiges ont été découverts par les archéologues dans cet espace, notamment un puits de 18 m de profondeur, qui pourrait bien être le creux qu’a traversé Qutham Ibn Abbas pour rejoindre le paradis souterrain.

Les monuments de la nécropole de Chah-e-Zindeh vous immergent dans une ambiance singulière, hors du temps. Cependant, les rénovations entreprises à l’époque contemporaine n’ont pas été sans affecter l’authenticité des lieux.

Informations pratiques

Comment s’y rendre ?

Le moyen de transport le plus pratique pour rejoindre Samarcande est le train. Depuis la capitale Tachkent, le voyage en train dure 3h30. Si vous partez de Boukhara, préférez le bus (le trajet prend environ 6 heures). Samarcande possède également un aéroport connecté aux grandes villes du pays.

Une fois arrivé à Samarcande, vous pouvez louer un taxi pour parvenir à la nécropole de Chah-e-Zindeh.

Horaires et tarifs

La nécropole de Chah-e-Zindeh est accessible tous les jours de 8h à 21h (fermeture à 17h en dehors de la saison touristique). L’entrée coûte 15 000 Soums

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