Kokand

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Culture & patrimoineHistoireCulture3 min de lecture

Ancienne capitale du khanat, Kokand ouvre les portes de la vallée du Ferghana avec son palais royal, sa mosquée à 98 piliers et ses ruelles d'un autre temps.

Ancienne capitale du khanat de Kokand, cette ville de la vallée du Ferghana ouvre les portes de l'Ouzbékistan oriental. Considérée jadis comme l'une des plus grandes villes saintes d'Asie centrale, elle se partage aujourd'hui entre quartiers modernes et vieille ville aux ruelles labyrinthiques. Première étape sur la route du Ferghana, Kokand mérite une halte pour son palais royal, ses mosquées centenaires et son atmosphère d'un autre temps.

Kokand en bref

  • Pays : Ouzbékistan, région du Ferghana
  • Population : environ 250 000 habitants
  • Intérêt principal : ancienne capitale du khanat de Kokand, patrimoine du XIXe siècle
  • Durée conseillée : 1 journée, ou demi-journée en transit vers Ferghana et Marguilan
  • Meilleure saison : avril à juin, et septembre à octobre
  • Accès depuis Tachkent : train rapide (5 h) ou route via le col de Kamtchik (4-5 h)
  • Incontournables : palais Khoudoyar Khan, mosquée Djouma, madrasa Mir, mausolée Modari Khan

Un peu d'histoire

Kokand fait partie des villes les plus anciennes de l'Ouzbékistan. Son histoire remonte au 1er siècle av. J.-C., mais le premier témoignage écrit ne date que du Xe siècle. Quant à l'origine de son nom, plusieurs hypothèses ont été avancées. Pour Istakhri (un géographe persan) et Ibn Khaoukal (un historien arabe du Xe siècle), Kokand vient de « Khavokand » qui signifie « bien », « beau », « agréable » ou encore « la ville du vent ». Des sources chinoises rapportent que la ville était connue sous les noms de « Khouvkan » et « Gouychan ». Pour certains, le nom vient du persan kou (colline) et kand (ville).

Nichée au sud-ouest de la vallée du Ferghana, la ville était l'un des endroits préférés de Gengis Khan. On se souvient également de Kokand pour la somptueuse fête donnée par Amir Timur (Tamerlan) pour le mariage de ses petits-enfants. Cette célébration avait réuni quelque 500 ambassadeurs des tribus soumises.

Le khanat de Kokand a atteint son apogée en 1821 sous le règne de Muhammad Ali Khan, plus connu sous le nom de Madali Khan. À cette époque, la ville rivalisait avec les plus grandes cités saintes d'Asie centrale, avec plus de 600 mosquées, 15 madrasas, 45 écoles secondaires et 19 bibliothèques.

En 1842, le khan de Boukhara s'empare de Kokand et fait assassiner Madali Khan et toute sa famille. Malgré les efforts des habitants pour faire asseoir son cousin sur le trône, le royaume ne retrouve plus sa puissance et demeure constamment sous la domination russe et boukhare. Après l'indépendance de l'Ouzbékistan, la ville retrouve un second souffle : reliée à Tachkent et Orenbourg par une nouvelle voie ferrée, elle devient un important marché du coton d'Asie centrale et le centre financier de la vallée. En 1922, elle est rattachée à la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan.

Kokand aujourd'hui

Avec un peu plus de 250 000 habitants, Kokand est devenue une ville relativement moderne. Elle a pourtant su préserver son charme d'antan malgré les reconstructions récentes. La vieille ville, jadis cœur du khanat, tient encore debout. Il est plaisant de s'y perdre dans ses petites ruelles, à l'écart du bruit, tout en profitant du calme et de l'atmosphère d'un autre temps. Des prestigieux monuments d'autrefois, il ne reste que trois témoins majeurs : le palais Khoudoyar Khan, la mosquée Djouma et la madrasa Mir.

Que faire à Kokand : les incontournables

Le palais Khoudoyar Khan

Commencez la visite par le palais Khoudoyar Khan, édifié entre 1863 et 1875 par le dernier khan de Kokand. Détruit lors de la prise de la ville par les Soviétiques, il disposait à l'origine de 7 cours et 114 pièces. Aujourd'hui, il n'en reste que 4 cours et 9 pièces, dont la plupart accueillent des salles d'exposition. À l'intérieur, on imagine facilement l'opulence qui régnait autrefois. À l'extérieur, les restaurateurs ont rendu tout leur éclat aux mosaïques bleues, vertes et jaunes qui ornent la façade monumentale.

La mosquée Djouma

À quelques minutes de marche du palais, la mosquée Djouma (mosquée du vendredi) impressionne par son auvent soutenu par 98 piliers en bois sculpté. Construite au XIXe siècle, elle reste l'un des lieux les plus photogéniques de Kokand, surtout en fin de journée quand la lumière rasante glisse sur les colonnes.

La madrasa Mir et le mausolée Modari Khan

Poursuivez par la madrasa Mir, connue autrefois sous le nom de Narbutabey. Active depuis le début du XIXe siècle, elle reste l'une des rares madrasas en fonction dans la région. Terminez par le mausolée Modari Khan (« mère du khan »), construit pour la mère de Madali Khan : sa coupole bleue et ses faïences finement travaillées valent le détour.

Le bazar et la vieille ville

Le bazar de Kokand offre un aperçu authentique du quotidien ouzbek loin des circuits touristiques : étals de fruits secs, melons, pains non tout chauds et artisanat local. Combinez la visite avec une balade dans les ruelles du vieux quartier pour mesurer le contraste entre la ville impériale et la cité d'aujourd'hui.

Climat et meilleure saison

Kokand bénéficie d'un climat continental marqué : étés chauds et secs, hivers doux mais parfois rigoureux. La température moyenne annuelle avoisine 17 °C.

  • Avril à juin : la meilleure période, avec une moyenne de 25 °C et la vallée en fleurs.
  • Juillet-août : très chaud, jusqu'à 38-40 °C en journée. Visites tôt le matin recommandées.
  • Septembre-octobre : excellente saison également, lumière dorée et marchés chargés de fruits.
  • Décembre à février : froid, avec des minimales pouvant descendre jusqu'à -26 °C en janvier.

Pour profiter pleinement du patrimoine sans souffrir de la chaleur ou du froid, ciblez le printemps ou le début de l'automne.

Comment s'y rendre

Kokand se rejoint principalement depuis Tachkent, à environ 230 km au nord-ouest. Trois options s'offrent à vous :

  • Train : la solution la plus confortable. Le train rapide relie Tachkent à Kokand en environ 5 heures, en passant par le tunnel ferroviaire de Kamtchik. Réservez vos billets quelques jours à l'avance, surtout en haute saison.
  • Route : en taxi partagé ou voiture privée, comptez 4 à 5 heures via le col de Kamtchik (3 000 m). Le trajet offre de beaux panoramas mais peut être perturbé par la neige en hiver.
  • Avion : pas de vol direct vers Kokand. Le plus simple est de voler de Tachkent à Ferghana (50 minutes), puis de rejoindre Kokand en taxi (1 h 30).

Une fois sur place, la vieille ville se visite à pied ; pour relier les sites plus excentrés, privilégiez le taxi local (courses très bon marché).

Où dormir à Kokand

L'offre d'hébergement reste modeste mais s'étoffe d'année en année. Voici les typologies à privilégier selon votre budget :

  • Guesthouses familiales (15-30 €) : la meilleure option pour goûter à l'hospitalité ouzbèke. Petit-déjeuner copieux, accueil en russe ou en anglais basique, chambres simples mais propres autour d'une cour intérieure.
  • Boutique-hôtels (60-120 €) : quelques adresses récentes proposent des chambres confortables, parfois dans d'anciennes maisons rénovées avec décor traditionnel. Idéal pour une étape entre Tachkent et Ferghana.
  • Hôtels de standing (150 € et plus) : très peu d'options à Kokand même. Pour un séjour haut de gamme, beaucoup de voyageurs préfèrent dormir à Ferghana ou Marguilan, à une heure de route.

Une nuit sur place suffit pour la plupart des itinéraires. Si vous souhaitez explorer aussi la vallée, basez-vous deux nuits et rayonnez vers Risthan, Marguilan et Ferghana.

Conseils de notre expert local

Notre expert local de l'agence partage quelques recommandations pour tirer le meilleur de votre visite :

  • Allez tôt au palais Khoudoyar : à l'ouverture (vers 9 h), la lumière met les mosaïques en valeur et les groupes ne sont pas encore arrivés.
  • Prévoyez des soms en liquide : peu de commerces acceptent la carte à Kokand, et les ATM ne distribuent pas toujours.
  • Goûtez le plov du Ferghana : la version locale, plus sucrée, est considérée comme l'une des meilleures du pays. Les chaikhanas (maisons de thé) près du bazar en servent dès midi.
  • Une tenue couvrante est appréciée pour visiter les mosquées et madrasas, même en plein été.
  • Couplez avec Marguilan : à 75 km, la cité de la soie complète parfaitement la journée patrimoniale de Kokand.

Kokand, c'est pour qui ?

  • Les passionnés d'histoire : khanats, Tamerlan, période russe… la ville est un livre d'histoire à ciel ouvert.
  • Les amateurs d'architecture islamique : palais, mosquée à colonnes de bois et madrasas illustrent l'art du XIXe siècle ouzbek.
  • Les voyageurs hors des sentiers battus : moins fréquentée que Boukhara ou Khiva, Kokand offre une atmosphère plus authentique.
  • Les itinérants : une étape logique entre Tachkent et la vallée du Ferghana sur un circuit Ouzbékistan complet.

En revanche, les voyageurs cherchant une grande variété d'hébergements ou une vie nocturne animée préféreront s'arrêter plus longuement à Tachkent ou Samarcande.

À découvrir aussi

Kokand s'inscrit naturellement dans un circuit en Ouzbékistan reliant Tachkent, la vallée du Ferghana et les cités de la Route de la Soie. Profitez de votre passage dans la région pour prolonger l'expérience vers Marguilan (capitale de la soie) ou Risthan (céramique traditionnelle).

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Une journée pleine suffit pour visiter les principaux monuments (palais Khoudoyar, mosquée Djouma, madrasa Mir, mausolée Modari Khan) et flâner dans la vieille ville et au bazar. Si vous explorez aussi la vallée du Ferghana, comptez deux nuits sur place ou à Ferghana.

Le train rapide relie Tachkent à Kokand en environ 5 heures, via le tunnel de Kamtchik. Plusieurs départs par semaine. Réservez vos billets quelques jours à l'avance, surtout au printemps et à l'automne.

Privilégiez avril à juin et septembre à octobre. Les températures sont agréables (20-28 °C), la vallée du Ferghana est verdoyante et les bazars regorgent de fruits frais. Évitez juillet-août (chaleur) et janvier (jusqu'à -26 °C).

Le palais Khoudoyar Khan et ses mosaïques colorées, la mosquée Djouma avec ses 98 piliers de bois sculpté, la madrasa Mir (Narbutabey) et le mausolée Modari Khan. Complétez par le bazar et une balade dans les ruelles de la vieille ville.

Oui, surtout si votre itinéraire inclut la vallée du Ferghana. Kokand est la porte d'entrée naturelle de la vallée et son patrimoine du XIXe siècle complète parfaitement les visites de Samarcande, Boukhara et Khiva, plus anciennes.

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