
Boukhara
Boukhara
Cité sainte de la Route de la Soie, Boukhara dévoile minarets karakhanides, madrasas chaybanides et bazars sous coupoles. Guide complet pour préparer votre séjour.
Nichée au cœur de l'Asie centrale, sur la célèbre Route de la Soie, Boukhara est l'une des plus anciennes villes de la région. Fantasme de Marco Polo qui a toujours vanté cette ville sans même jamais y avoir mis les pieds, Boukhara est pour beaucoup une sainte, un pilier de la religion et la cité la plus secrète des caravaniers. Parfaitement préservée et classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, Boukhara semble figée dans le temps et vous transporte à la découverte de ses chefs-d'œuvre architecturaux.
Boukhara en bref
| Pays | Ouzbékistan |
| Statut | Patrimoine mondial UNESCO depuis 1993 |
| Durée idéale | 2 à 3 jours |
| Meilleure période | Avril à juin, septembre à octobre |
| Monuments phares | Minaret Kalon, forteresse de l'Ark, Liab i Khaouz, mausolée des Samanides |
| Accès | Aéroport, train depuis Tachkent et Samarcande |
| À combiner avec | Samarcande, Khiva, désert du Kyzylkoum |
Histoire de Boukhara
Située à la croisée des routes commerciales, Boukhara a été façonnée au fil des siècles en fonction des intérêts stratégiques qu'elle représentait. Convoitée par beaucoup, elle tomba plusieurs fois sous les mains d'ennemis, dont Alexandre le Grand qui la prit en 329 avant notre ère. Bien qu'elle se plaçait comme une cité marchande importante, elle restait derrière les grandes Paykend, Romitan et Varakhcha, jusqu'à l'avènement de l'Islam.
Malgré l'invasion arabe qui fit tomber plusieurs villes voisines, Boukhara réussit à tenir la guerre à distance. Bien qu'on tenta de la prendre à trois reprises, elle résista jusqu'à ce que la reine Khatoum s'enfuie. Les Arabes s'emparèrent alors de la ville et entreprirent de l'islamiser.
Autre fait marquant, la puissante invasion mongole dirigée par Gengis Khan : les troupes mongoles s'invitèrent par surprise en mars 1220 et firent tomber sans mal les 30 000 hommes de la cité. Tous furent tués, la ville fut incendiée puis rasée. Une fois le massacre terminé, la déferlante mongole s'en alla pour Samarcande, qui connaîtra le même sort.
Boukhara mit un siècle à se reconstruire avant de subir un nouveau coup avec Abaqa II, l'empereur perse. D'autres batailles au cours des siècles suivants mirent à mal la cité, jusqu'au règne d'Abdoullah, qui offrit à Boukhara un second souffle grâce à sa bonne réputation. Un programme de construction d'édifices religieux et profanes fut mis en place et la ville se développa telle qu'on la connaît aujourd'hui.
En 1868, Boukhara tombe sous le protectorat russe et perd son indépendance en 1920, face à l'Armée rouge. Néanmoins, Boukhara n'a jamais perdu son caractère rebelle. La révolution se poursuivit pendant plus de soixante ans sans jamais atteindre réellement l'âme de cette cité ancienne.
Aujourd'hui, Boukhara a retrouvé le calme et conserve tous les vestiges de son passé tumultueux.
Que faire à Boukhara : les incontournables
Caractérisée de ville médiévale par l'UNESCO, Boukhara vous invite à un voyage hors du temps à travers ses sites et monuments historiques. La vieille ville est un témoin caractéristique de l'architecture du 16ᵉ siècle, période chaybanide des rois ouzbeks. Néanmoins, d'importants monuments datant de périodes bien antérieures ont échappé aux guerres et reflètent parfaitement la beauté architecturale du monde musulman.
Les vestiges architecturaux à voir absolument
Le célèbre mausolée des Samanides, aussi connu sous le nom de tombe d'Ismail Samani, est un parfait exemple de l'architecture musulmane du 10ᵉ siècle. Il peut paraître austère de prime abord avec ses briques et sa forme carrée quasi parfaite, mais en s'y attardant, on perçoit la grande élégance qui s'en dégage. C'est l'un des plus beaux vestiges d'Ouzbékistan.
L'incroyable minaret de Poi-Kaylan se démarque par sa construction en brique. Avec ses 46 mètres de haut, il surplombe la cité ancienne et servait autrefois de tour de guet. À l'instar de la mosquée Magoki Attori et du mausolée Chashma Ayub, le minaret Kalon marque la période karakhanide du 11ᵉ siècle.
Sur la grande place Reghistan se dresse la forteresse de l'Ark. Symbole de l'émirat de Boukhara, elle fut le foyer des seigneurs pendant plus d'un millénaire. L'Ark est sans doute le monument le plus ancien de la ville, qui s'est d'ailleurs construite autour de l'édifice. La forteresse abrite aujourd'hui un musée qui vous permet d'en savoir davantage sur la citadelle.
Places, madrasas et lieux de vie
Aux Chaybanides, on doit d'autres monuments célèbres de Boukhara. L'ensemble Liab i Khaouz est aujourd'hui un lieu de rencontre et de convivialité. Au cœur de la vieille ville, ce grand bassin de 45 m de long et 36 m de large est un rendez-vous pour les Ouzbeks, qui aiment s'y retrouver pour une partie de dominos ou profiter de l'ombre des mûriers centenaires. C'est l'endroit parfait pour observer la vie locale et échanger avec les habitants. De la même époque, on retrouve la madrasa Koh et la madrasa Gaukushon.
La madrasa Nadir Divan Begi, située à l'est de Liab i Khaouz, se remarque par son incroyable entrée ornée de deux immenses simorgh, oiseaux fantastiques au plumage bleu et vert aux couleurs flamboyantes. Une représentation rare dans l'art islamique, qui interdit en principe les figures animales.
Le Tchor Minor, avec ses quatre tourelles surmontées de coupoles bleues, mérite également un détour. Ancien portail d'une madrasa disparue, il est devenu l'un des emblèmes photogéniques de la ville.
Les bazars historiques
Outre les vestiges, profitez de votre séjour à Boukhara pour flâner dans l'un des anciens bazars de la ville. Ayant survécu aux siècles, le bazar des chapeliers et le bazar Tok-i-Sarrafon proposent toujours les mêmes produits qu'autrefois : bijoux, tissus, livres, broderies, tapis de soie. L'ambiance sous les coupoles, fraîche en plein été, vaut autant le détour que les achats eux-mêmes.
Quand partir à Boukhara ?
Le climat de Boukhara est continental aride : étés brûlants, hivers secs et froids. Les meilleures périodes pour visiter la ville s'étendent d'avril à juin et de septembre à octobre. Les températures y sont douces (20 à 28 °C en journée) et la lumière, idéale pour photographier les coupoles turquoise.
En juillet et août, le mercure dépasse souvent 40 °C. Les visites sont possibles tôt le matin ou en fin d'après-midi, mais la chaleur peut peser. L'hiver, de décembre à février, offre une ambiance feutrée et peu de touristes ; prévoyez des vêtements chauds, les nuits descendent sous zéro.
Où dormir à Boukhara ?
Boukhara propose un large éventail d'hébergements concentrés dans la vieille ville, à distance de marche des principaux monuments.
- Guesthouses familiales (15-30 € la nuit) : souvent installées dans d'anciennes maisons de marchands rénovées, autour d'une cour intérieure. Petit-déjeuner ouzbek copieux et accueil chaleureux. Idéal pour voyageurs curieux.
- Boutique-hôtels de caractère (60-120 €) : chambres voûtées, mobilier d'époque, parfois piscine intérieure. Parfait pour un séjour confortable au cœur de la médina.
- Lodges et hôtels haut de gamme (150 € et +) : services complets, spa, restaurant gastronomique. Quelques adresses se logent dans d'anciennes madrasas restaurées.
Pour une expérience pleinement immersive, dormir dans le quartier de Liab i Khaouz permet de profiter du bassin et des terrasses dès la tombée du jour.
Accès et transports
Boukhara dispose d'un aéroport qui propose des vols réguliers depuis et vers les principales villes du pays, ainsi que quelques liaisons avec la Russie. La gare ferroviaire est stratégiquement placée sur la ligne Tachkent-Samarcande. Comptez environ 6 heures de train pour rejoindre Boukhara depuis Tachkent et 3 à 4 heures depuis Samarcande à bord du train rapide Afrosiyob.
Selon votre circuit, vous pouvez également rejoindre Boukhara en voiture privée ou en taxi collectif. La traversée du désert du Kyzylkoum, depuis Khiva, prend environ 7 heures et offre des paysages spectaculaires.
Conseils de notre expert local
Notre expert local de l'agence partage quelques conseils pour profiter pleinement de Boukhara :
- Lever et coucher de soleil au minaret Kalon : la lumière rasante sublime les briques et les coupoles. Peu de monde à ces heures.
- Compter au moins 2 jours pleins sur place. Une journée suffit pour les monuments majeurs, mais la magie de Boukhara opère le soir, quand les terrasses s'illuminent autour du Liab i Khaouz.
- Goûter le plov local dans une chaikhana traditionnelle plutôt que dans les restaurants touristiques. Le plov de Boukhara se distingue de celui de Tachkent par ses raisins secs et ses pois chiches.
- Négocier dans les bazars reste de mise, mais avec sourire. Les artisans apprécient l'échange autant que la vente.
- Visiter le mausolée Bahaouddine Naqshbandi, à 12 km de la ville. Lieu de pèlerinage soufi méconnu des circuits classiques, il offre un aperçu plus spirituel de la région.
Boukhara, pour qui ?
- Amateurs d'histoire et d'architecture : la densité de monuments classés UNESCO est exceptionnelle, du 10ᵉ au 17ᵉ siècle.
- Voyageurs en quête d'authenticité : la vie quotidienne autour de Liab i Khaouz et dans les bazars reste palpable.
- Couples et photographes : les ruelles, coupoles et lumières dorées offrent un cadre romantique et visuellement riche.
- Familles : la vieille ville se parcourt à pied, sans dénivelé. Les enfants apprécient les artisans (forgerons, brodeuses) toujours en activité.
- Voyageurs au long cours : Boukhara s'inscrit naturellement dans un circuit Route de la Soie, entre Khiva et Samarcande.
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À découvrir aussi
Boukhara se prête particulièrement à un circuit combiné. Voici quelques itinéraires Nomadays qui passent par cette étape :
- Les trésors sur les carrefours de la Route de la Soie — 8 jours, dès 790 €
- De Khiva à Samarcande, toute la Route de la Soie — 11 jours, dès 990 €
- Sur la Grande Route de la Soie avec extension Moynak et Noukous — 14 jours, dès 1355 €
- Randonnée et immersion en Transoxiane — 18 jours, dès 1840 €
- Parfum d'Ouzbékistan et beauté du Tadjikistan — 18 jours, dès 2250 €
- Les merveilles de la Route de la Soie : Ouzbékistan et Kirghizistan — 21 jours, dès 3210 €
Questions fréquentes sur Boukhara
Questions fréquentes
Comptez 2 à 3 jours pleins. Une journée permet de voir les monuments majeurs (minaret Kalon, forteresse de l'Ark, Liab i Khaouz), mais 2 jours supplémentaires donnent le temps d'explorer les bazars, le Tchor Minor, le mausolée Bahaouddine Naqshbandi et de profiter de l'atmosphère du soir.
Les mois d'avril à juin et de septembre à octobre offrent les conditions idéales : températures douces, ciel dégagé, lumière flatteuse pour les coupoles turquoise. L'été est très chaud (jusqu'à 45 °C), l'hiver sec et froid mais peu touristique.
Le train rapide Afrosiyob relie Samarcande à Boukhara en 3 à 4 heures. Le train classique met environ 6 heures. La voiture privée prend 4 à 5 heures et permet des arrêts en chemin, notamment au village de Gijduvan, réputé pour ses céramiques.
Oui. Le centre historique de Boukhara est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1993, en tant que témoin exceptionnel d'une cité médiévale d'Asie centrale parfaitement conservée.
Le minaret Kalon (46 m, 11ᵉ siècle), la forteresse de l'Ark, le mausolée des Samanides, l'ensemble Liab i Khaouz, la madrasa Nadir Divan Begi et son Tchor Minor figurent parmi les sites à ne pas manquer.
Oui, c'est même l'itinéraire classique de la Route de la Soie ouzbèke. Khiva, Boukhara et Samarcande forment un triangle accessible en train et en voiture, sur 8 à 14 jours selon le rythme.
Attractions à Boukhara
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Madrasa Chor Minor

Palais Sitorai Mokhi
À 4 km au nord de Boukhara, le palais Sitoraï Mohi-Khossa — résidence d'été des derniers émirs — mêle décor traditionnel et influences russes du début du XXe siècle.
Mausolée des Samanides
Construit au Xe siècle pour la dynastie samanide, ce mausolée en brique cuite est l'un des édifices islamiques médiévaux les mieux conservés d'Asie centrale, à découvrir dans le parc Samani de Boukhara.

Mausolée Chashma Ayub
Au nord-ouest de Boukhara, le mausolée Chashma Ayub abrite la source légendaire du prophète Job, un dôme conique unique et le Musée de l'eau.

Mausolée Baha
À 12 km de Boukhara, le complexe Bahaouddin Naqshbandi abrite la tombe du saint patron de la ville et reste un grand lieu de pèlerinage soufi d'Asie centrale.

Les coupoles marchandes
Quatre marchés couverts du XVIe siècle au cœur de Boukhara, héritage vivant de la Route de la Soie où orfèvres, marchands de tapis et artisans perpétuent les métiers d'origine.
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