Palais Sitorai Mokhi

Palais Sitorai Mokhi

Palais Sitorai Mokhi

·
Culture & patrimoineArchitectureHistoirePalaisCultureMusées2 min de lecture

À 4 km au nord de Boukhara, le palais Sitoraï Mohi-Khossa — résidence d'été des derniers émirs — mêle décor traditionnel et influences russes du début du XXe siècle.

À 4 km au nord de Boukhara, le palais Sitoraï Mohi-Khossa — littéralement « palais de la lune et des étoiles » — fut la résidence d'été des Émirs de Boukhara. Construit entre la fin du XIXe siècle et 1914, l'édifice mêle artisanat ouzbek et influences russes rapportées de Saint-Pétersbourg par le dernier émir. Ses trois bâtiments abritent aujourd'hui des musées dédiés aux arts appliqués, aux costumes de cour et à la broderie suzani.

Pourquoi visiter le palais Sitoraï Mohi-Khossa

  • Une architecture éclectique unique en Ouzbékistan : un croisement assumé entre traditions boukhariotes (panneaux ganch sculptés, mosaïques de miroirs) et codes européens du début du XXe siècle.
  • Trois musées en un seul lieu : arts appliqués, costumes princiers et l'une des plus riches collections de suzani du pays.
  • Une fenêtre sur la fin de l'émirat : le palais est intimement lié à Alim Khan, dernier émir de Boukhara, renversé en 1920.
  • Un microclimat surprenant : conçu avec des dispositifs de ventilation traditionnels, le palais reste frais même en plein été — un atout réel quand les températures dépassent 40 °C.

Histoire du palais

Les fondations sont posées à la fin du XIXe siècle par l'émir Akhad Khan. Mais c'est sous son successeur, l'émir Mouzaffar Khan, que le bâtiment principal est édifié, destiné à son épouse Sitoraï-bonou — d'où le nom du palais.

En 1914, Alim Khan, dernier émir de Boukhara, ajoute un nouveau bâtiment. Ayant fait ses études à Saint-Pétersbourg, il souhaite un décor inspiré des palais russes : c'est cette commande qui donne au site son caractère hybride. L'architecte, Chirin Muradov, dirige le chantier pendant trois ans en interdisant l'accès au khan jusqu'à l'achèvement.

Une légende locale entoure la fin des travaux : ébloui par le résultat, l'émir aurait ordonné l'exécution de l'architecte pour qu'il ne reproduise jamais son œuvre ailleurs. Prévenu à temps, Muradov se serait enfui. Comme souvent dans la tradition orale d'Asie centrale, l'épisode tient autant du mythe que de la réalité historique.

Que voir sur place

Le palais se compose de trois ensembles, tous transformés en musées.

Le bâtiment principal — musée des arts appliqués

Les anciens appartements et salles de réception accueillent céramiques, métaux ouvrés et boiseries. L'entrée, la salle de jeu et la salle d'attente sont couvertes de panneaux dorés et d'une mosaïque de miroirs caractéristique du style boukhariote tardif. Chaque pièce a son propre traitement décoratif, du plafond aux niches.

Le palais octogonal — musée des costumes

Le pavillon réservé aux invités expose khalats (manteaux d'apparat), parandjas (voiles traditionnels) et photographies de la famille princière. Selon la tradition orale, la salle était à l'origine ornée de feuilles d'or, qui auraient été démontées après la révolution de 1920 et envoyées en Russie, le bronze venant les remplacer.

Le harem — musée d'ethnographie et de la broderie

L'ancien harem abrite l'une des plus belles collections de suzani d'Ouzbékistan, ces grands textiles brodés à la main qui font la réputation des artisanes de Boukhara, Samarcande et Chakhrisabz. Différentes techniques régionales y sont présentées côte à côte.

À l'écart, le mirzo-khona (salle des secrétaires) tranche par sa sobriété. On y trouve un miroir réputé magique : selon la croyance locale, le vœu formulé devant lui se réalise dans les quarante jours.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 1h à 1h30 pour parcourir les trois musées sans se presser.
  • Horaires : ouvert tous les jours, généralement du matin jusqu'en fin d'après-midi. Les horaires varient selon la saison — vérifiez localement.
  • Tarif : entrée à coût modéré, supplément possible pour le droit photo.
  • Meilleur moment : tôt le matin pour éviter les groupes et profiter de la fraîcheur du site.
  • Bon à savoir : les explications sur place sont surtout en ouzbek et russe ; un guide francophone ou anglophone est utile pour saisir les détails muséographiques.

Comment s'y rendre

Le palais se trouve à environ 4 km au nord du centre historique de Boukhara, dans le village de Kagan-i-Bala.

  • En taxi : la solution la plus simple depuis le centre, course courte. Les applications de taxi locales (Yandex Go) fonctionnent à Boukhara.
  • En marshrutka : plusieurs lignes desservent le quartier, mais l'itinéraire est moins évident pour un premier passage.
  • Avec un guide : l'arrêt s'intègre logiquement dans une demi-journée combinant les sites de la périphérie nord.

À combiner dans les environs

Une fois la visite terminée, plusieurs sites de Boukhara permettent de prolonger la découverte :

Questions fréquentes

?

Questions fréquentes

Une heure à une heure trente suffisent pour parcourir les trois musées. Comptez davantage si vous vous intéressez en détail aux collections de suzani et de costumes.

Oui, surtout si vous vous intéressez à la fin de l'émirat de Boukhara et aux arts décoratifs d'Asie centrale. Le mélange d'influences ouzbèkes et russes en fait un site différent du centre historique, qui justifie le court trajet.

La photographie est généralement autorisée moyennant un supplément acquitté à l'entrée. Le flash est en revanche déconseillé pour préserver les textiles anciens.

Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) offrent les conditions les plus agréables. En été, le microclimat intérieur du palais reste supportable, mais les trajets en extérieur sont éprouvants.

Intégrer le palais à votre voyage

Le palais Sitoraï Mohi-Khossa s'inscrit naturellement dans une étape de deux à trois jours à Boukhara. Pour construire un itinéraire sur mesure, consultez nos voyages en Ouzbékistan ou échangez avec nos spécialistes de l'Asie centrale.

Intéressé(e) par cette visite ?

Nous pouvons l'inclure dans votre itinéraire personnalisé.