Mosquée Djouma

Mosquée Djouma

Mosquée Djouma

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Au cœur d'Ichan-Kala, la mosquée Djouma cache derrière sa façade ocre une forêt de colonnes en bois sculpté, vestiges de mille ans de Route de la Soie.

La mosquée Djouma est l'un des monuments les plus singuliers d'Khiva. Derrière une façade ocre dépouillée, sans coupole ni arcs apparents, elle abrite une salle de prière hypostyle où plus de deux cents colonnes en bois sculpté racontent mille ans d'histoire de la Route de la Soie.

Pourquoi visiter la mosquée Djouma

Située au cœur d'Ichan-Kala, la vieille ville fortifiée inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1990, la mosquée Djouma se distingue de toutes les autres mosquées d'Asie centrale. Son intérêt tient à trois éléments :

  • Une forêt de colonnes en bois dont certaines remontent au Xe siècle, chacune avec un style et une provenance propres.
  • Un minaret de brique orné de sept ceintures turquoise, considéré comme le plus ancien de Khiva.
  • Une atmosphère intérieure très particulière, baignée de pénombre et de lumière zénithale, qui contraste avec la sobriété extérieure.

Histoire de la mosquée Djouma

Dans le monde musulman médiéval, la mosquée Djouma — ou mosquée du vendredi — déterminait le statut d'une ville. Celle de Khiva fut fondée au Xe siècle sur l'emplacement actuel. Le bâtiment que l'on visite aujourd'hui est une réplique construite à la fin du XVIIIe siècle, financée par les dons d'Abdurakhman Mukhtar, fonctionnaire du khan. Les plans reprennent fidèlement ceux de l'édifice d'origine.

Khiva étant une étape majeure de la Route de la Soie, pèlerins et marchands fréquentaient la mosquée et offraient parfois une colonne taillée dans le style de leur ville natale, en remplacement des piliers abîmés. Cette pratique explique l'incroyable diversité stylistique des colonnes. Lors de l'inscription d'Ichan-Kala au Patrimoine mondial en 1990, la mosquée a fait l'objet d'une campagne de restauration.

Que voir à l'intérieur

L'entrée se fait par une porte à deux battants en bois finement sculpté. À l'intérieur, la salle de prière hypostyle est plongée dans la pénombre : la lumière n'entre que par de petites ouvertures pratiquées dans le plafond, qui servent aussi d'aération. Le silence et la fraîcheur tranchent avec la chaleur des ruelles d'Ichan-Kala.

Les colonnes, pièce maîtresse

La majorité des piliers ont été taillés dans des troncs d'arbre entre les XIIIe et XIXe siècles. Au-delà des motifs abstraits caractéristiques de l'architecture islamique, on distingue sur certaines colonnes des éléments figuratifs plus inattendus, dont des motifs zoroastriens et des représentations stylisées rappelant le bouddhisme — héritage des cultes pré-islamiques d'Asie centrale.

Quelques piliers méritent une attention particulière :

  • Le plus ancien proviendrait de la ville médiévale de Khoresm, engloutie par les eaux de l'Amou-Daria.
  • Une colonne célèbre a été apportée d'Inde.
  • Quatre piliers précieux des Xe et XIe siècles portent des inscriptions en écriture kufique mentionnant un don de charité pour la mosquée.
  • Quatre autres colonnes arborent des inscriptions manuscrites en écriture naskhi.
  • Les colonnes les plus récentes se reconnaissent à leurs motifs floraux et végétaux.

Le mihrab, niche indiquant la direction de La Mecque, est surmonté d'un demi-dôme.

Le minaret

Le minaret a été érigé en même temps que la mosquée actuelle. Ce n'est pas le plus haut de Khiva — l'Islam Khodja le dépasse largement — mais il est considéré comme le plus ancien minaret de la ville. Sa silhouette se compose d'un tronc de brique effilé ceinturé de sept bandeaux en briques turquoise, surmonté d'une frise de stalactites et coiffé d'un petit dôme bleu. Il sert de point de repère commode pour s'orienter dans le dédale d'Ichan-Kala.

Informations pratiques

  • Localisation : au cœur d'Ichan-Kala, la vieille ville fortifiée de Khiva. Le minaret est visible de loin et sert de repère.
  • Accès : uniquement à pied, comme l'ensemble d'Ichan-Kala fermé à la circulation.
  • Billet : l'entrée est généralement incluse dans le pass combiné des monuments d'Ichan-Kala, vendu aux portes de la cité.
  • Durée de visite : comptez 20 à 40 minutes pour parcourir la salle hypostyle et observer les colonnes en détail.
  • Tenue : tenue correcte recommandée (épaules et genoux couverts), comme dans tout lieu de culte.

À voir à proximité

  • La médersa Matpana Baya, fondée en 1905, juste en face de la mosquée.
  • La médersa Mohammed Amin Inak, construite en 1785, qui sert aujourd'hui de bureau d'enregistrement des mariages locaux.
  • La place Chaikhana, à quelques pas, pour une pause à l'ombre.
  • La médersa Mohammed Amin Khan et la médersa Alla Kouli Khan, deux autres édifices majeurs d'Ichan-Kala.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

La salle de prière en compte plus de deux cents, taillées entre le Xe et le XIXe siècle. Chacune est unique par son style, sa provenance ou ses inscriptions.

Oui, l'accès est ouvert aux visiteurs sur présentation du billet d'entrée d'Ichan-Kala. Une tenue couvrante est recommandée par respect du lieu.

Les photos sans flash sont généralement tolérées dans la salle hypostyle. Mieux vaut s'abstenir lorsque des fidèles sont en prière.

La mosquée Djouma est une mosquée hypostyle en bois, sans coupole ni arc, là où la plupart des édifices religieux d'Asie centrale exhibent des coupoles et des décors de carreaux émaillés. C'est une typologie ancienne, plus proche des premières mosquées arabes.

Le minaret de la mosquée Djouma, reconnaissable à ses sept ceintures turquoise et son petit dôme bleu, sert de repère depuis presque tout Ichan-Kala.

Préparer votre visite

La mosquée Djouma s'inscrit naturellement dans un itinéraire complet d'Ichan-Kala et, plus largement, des villes-musées de l'Ouzbékistan. Pour intégrer cette étape à un circuit sur mesure, consultez nos voyages en Ouzbékistan.

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