Mosquée Bibi Khanum

Mosquée Bibi Khanum

Mosquée Bibi Khanum

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Culture & patrimoineArchitectureHistoireCultureTamerlan4 min de lecture

Commandée par Tamerlan en 1399 au retour de Delhi, la mosquée Bibi-Khanym de Samarkand impressionne par ses dimensions, sa coupole turquoise et ses légendes.

Commandée par Tamerlan en 1399 au retour de sa campagne victorieuse contre Delhi, la mosquée Bibi-Khanym de Samarkand voulait dépasser tout ce que l'Asie centrale avait construit jusque-là. Plus de six siècles plus tard, son portail monumental, ses coupoles turquoise et la légende qui l'entoure font de l'édifice l'un des points forts de la ville, à quelques pas du bazar Siyab.

Pourquoi visiter la mosquée Bibi-Khanym

Trois raisons principales rendent ce site marquant. D'abord, l'échelle : 167 mètres de long sur 109 mètres de large, une cour pensée pour 10 000 fidèles, une coupole principale culminant à 40 mètres. Ensuite, l'histoire mouvementée du monument, entre ambition impériale, effondrements précoces et reconstructions tardives. Enfin, la place qu'il occupe dans l'imaginaire ouzbek, nourri par la légende de l'impératrice Bibi-Khanym et de l'architecte amoureux. La visite se combine facilement avec celle du Registan et du mausolée Gour Emir.

Histoire : l'ambition de Tamerlan

En 1399, après la prise de Delhi qui aurait coûté, selon les chroniques de l'époque, plus de 100 000 vies, Tamerlan rapporte à Samarkand un butin colossal et l'ambition d'élever la plus grande mosquée du monde musulman. Le chantier mobilise 500 ouvriers, 200 architectes et maçons et 95 éléphants venus d'Inde pour transporter les matériaux. Deux exigences seulement de la part du souverain : que la mosquée soit la plus belle, et qu'elle soit bâtie le plus vite possible.

Les travaux s'achèvent en 1404, soit cinq ans plus tard. L'historien de cour Cherefeddin Ali Yazdi en livre une description restée célèbre : « sa coupole serait unique si le ciel n'était pas sa réplique, il en serait de même pour son arc si la Voie lactée n'était pas son fidèle reflet ». Mais la rapidité du chantier se paie. Quelques jours après l'inauguration, des briques se détachent déjà de la coupole. L'édifice se dégrade lentement pendant cinq siècles, jusqu'au tremblement de terre de 1897 qui le rase presque entièrement. Les travaux de reconstruction commencent en 1968, et la restitution extérieure est achevée en 2003.

La légende de Bibi-Khanym et de l'architecte

Une autre version, populaire à Samarkand, attribue la commande à l'épouse de Tamerlan. Elle aurait voulu surprendre son époux à son retour de campagne en faisant édifier la plus grande mosquée d'Asie centrale. L'un des architectes, séduit par l'impératrice, ralentit les travaux pour prolonger leur proximité. Pressée par le temps, Bibi-Khanym accepte un baiser en échange de la livraison à temps. Le baiser laisse une marque sur sa joue. À son retour, Tamerlan exige des explications.

La suite existe en deux variantes. Dans l'une, Tamerlan exécute l'architecte et fait précipiter sa femme depuis un minaret. Dans l'autre, l'architecte se réfugie au sommet du minaret, prend son envol et disparaît. Le récit, parfois prolongé par l'idée que le port du voile aurait été imposé à Samarkand après cet épisode, relève de la légende et non d'une réalité historique documentée.

Que voir sur place

  • Le pishtak : le portail monumental qui sert d'entrée principale, encadré de minarets et orné de céramiques bleues et turquoise.
  • La coupole principale : reconstruite à 40 mètres de hauteur, recouverte de tuiles turquoise et visible de loin dans le centre de Samarkand.
  • La cour intérieure : un vaste espace dimensionné pour des milliers de fidèles, bordé de salles de prière et de portiques.
  • Le lutrin en marbre : posé au centre de la cour, ce pupitre monumental était destiné à recevoir le Coran d'Osman, dont les pages atteignaient 180 cm. Le manuscrit lui-même, considéré comme l'un des plus anciens corans connus, est aujourd'hui conservé à la bibliothèque Hast Imam de Tachkent. Une croyance locale veut que les femmes souhaitant un enfant rampent sous le lutrin à jeun, le matin.
  • Les décors en céramique : motifs floraux et géométriques, calligraphies coufiques, mosaïques de faïence reconstituées d'après les fragments d'origine.

Informations pratiques

La mosquée se visite tous les jours, en journée, avec une amplitude horaire réduite en hiver. L'entrée est payante à un tarif modéré, à régler en soums sur place ; il est utile d'avoir un peu de monnaie locale. Comptez environ une heure pour faire le tour des trois salles de prière et de la cour, davantage si vous prenez le temps de détailler les céramiques. La tenue n'est pas strictement codifiée pour les visiteurs, mais des vêtements couvrant épaules et genoux restent recommandés. La photographie est autorisée à l'extérieur ; à l'intérieur des salles, mieux vaut se renseigner auprès des gardiens.

Quand y aller

Samarkand se visite agréablement au printemps (avril-juin) et en automne (septembre-octobre), lorsque les températures restent supportables et que la lumière met en valeur les céramiques. L'été est sec et chaud, avec des pointes au-delà de 35 °C : préférez les visites tôt le matin ou en fin d'après-midi. L'hiver, plus froid, voit l'amplitude horaire d'ouverture se réduire, mais la fréquentation y est plus faible.

Comment s'y rendre

La mosquée Bibi-Khanym se situe dans le centre historique de Samarkand, en bordure immédiate du bazar Siyab. Depuis le Registan, comptez une dizaine de minutes à pied par l'avenue Tachkent. Les taxis et VTC locaux desservent facilement le quartier ; demandez à être déposé à « Bibi-Khonym » ou au bazar Siyab. Le site est généralement intégré aux circuits piétonniers reliant le Registan, le mausolée Gour Emir et la nécropole de Chah-i-Zinda.

À voir à proximité

  • Le bazar Siyab, marché traditionnel adjacent, idéal pour une pause après la visite.
  • Le Registan, à dix minutes à pied, ensemble de trois médersas emblématiques de Samarkand.
  • Le mausolée Gour Emir, tombeau de Tamerlan, à environ vingt minutes à pied.
  • Le musée Afrasiab, consacré à l'histoire ancienne de Samarkand et à ses fresques préislamiques.
  • Le mémorial de l'imam Mouhammad al-Boukhari, à une trentaine de kilomètres au nord, pour prolonger la dimension religieuse de la région.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Le site fonctionne aujourd'hui principalement comme monument historique ouvert à la visite. Une partie de l'édifice peut accueillir ponctuellement des prières, mais la fréquentation reste essentiellement touristique.
Non. Le lutrin en marbre de la cour était destiné historiquement à le recevoir, mais le manuscrit, l'un des plus anciens corans connus, est conservé à la bibliothèque Hast Imam à Tachkent.
Une heure suffit pour faire le tour de la cour et des salles de prière. Comptez 1h30 à 2h si vous combinez la visite avec le bazar Siyab voisin.
La mosquée a été quasiment rasée par le tremblement de terre de 1897. Ce que l'on voit aujourd'hui résulte de campagnes de restitution menées entre 1968 et 2003, à partir des vestiges et de techniques modernes pour résister aux séismes.

Prolonger le voyage

La mosquée Bibi-Khanym s'inscrit dans un itinéraire plus large à travers les villes de la Route de la Soie. Pour préparer une découverte complète de Samarkand, Boukhara et Khiva, consultez nos suggestions d'itinéraires sur la page voyage Ouzbékistan.

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