Ensemble Lyab

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Culture & patrimoineArchitectureHistoireCulture2 min de lecture

Au cœur de Boukhara, Lyab-i Hauz réunit autour d'un grand bassin trois édifices des 16e et 17e siècles : seul ensemble de bassins épargné à l'époque soviétique.

Lyab-i Hauz, qui signifie littéralement « au bord du bassin », forme un complexe architectural au centre de Boukhara. L'ensemble réunit le khanqah Nadir Divan-Beghi, la madrasa Nadir Divan-Beghi, la madrasa Koukeldach et le bassin qui donne son nom au lieu. C'est aujourd'hui un point de rassemblement où habitants et voyageurs se croisent autour d'un thé, à l'ombre des mûriers pluricentenaires.

Pourquoi visiter Lyab-i Hauz

Trois raisons principales rendent le complexe intéressant pour qui s'arrête à Boukhara :

  • Un témoin urbain unique : c'est le seul des bassins historiques de Boukhara à avoir survécu aux destructions soviétiques.
  • Une architecture de l'âge d'or chivanide et bukhariote : trois édifices religieux des 16e et 17e siècles encadrent la place sur trois côtés.
  • La vie locale en spectacle : contrairement à d'autres ensembles strictement monumentaux, la place reste animée du matin au soir, avec ses parties de dominos, ses mariages photographiés et ses tchaïkhanas.

Le site est gratuit d'accès (en dehors des intérieurs muséifiés), central et ouvert en permanence : c'est un excellent point d'ancrage pour rayonner dans la vieille ville.

Histoire du complexe

Le bassin et la question de l'eau

Boukhara fut longtemps une ville de bassins. Ces réservoirs étaient alimentés par des points d'eau souterrains. Or, les eaux des sous-sols de Boukhara étaient imbuvables et propices aux maladies. Sous la domination soviétique, tous les bassins de la ville furent détruits par souci d'hygiène — sauf celui de Lyab-i Hauz, épargné grâce à son intégration au complexe monumental classé.

Le khanqah Nadir Divan-Beghi (17e siècle)

Boukhara fut pendant des siècles un grand centre religieux. Le khanqah fut construit au 17e siècle pour accueillir les derviches, fidèles du soufisme — la branche mystique et ascétique de l'Islam. Il complète sur la place sud le dispositif voulu par le vizir Nadir Divan-Beghi.

La madrasa Nadir Divan-Beghi (1622)

Le même vizir voulait également améliorer l'accueil des marchands de la Route de la Soie. Il commanda donc un caravansérail. Mais lors de l'inauguration en 1622, l'Émir de Boukhara félicita publiquement son vizir pour cette « magnifique madrasa ». La parole de l'Émir étant souveraine, le bâtiment dut être reconverti en école coranique. Sa façade fut alors ornée de deux phénix en mosaïque encadrant un soleil à visage humain — une iconographie figurative rare dans l'art islamique sunnite.

La madrasa Koukeldach (1568)

Construite en 1568, c'est la plus ancienne des trois écoles du complexe. Elle hérite son nom de Koulbaba Koukeldach, haut dignitaire qui en a fait don à la ville. À l'époque soviétique, elle abrita les bureaux des archives municipales avant d'être restaurée.

Nasreddin Khodja sur la place

Une statue de Nasreddin Khodja, érigée pour célébrer son anniversaire millénaire, se dresse entre le bassin et la madrasa Nadir Divan-Beghi. Ce conteur populaire — figure satirique partagée par toute l'Asie centrale, la Turquie et le monde arabe — aurait vécu à la cour de Khorezm à la fin du 12e siècle. Ses anecdotes pleines de bon sens et d'ironie sont encore racontées dans les grandes cités de la région.

Que voir sur place

Le bassin

Mesurant une quarantaine de mètres de long, c'est le plus grand bassin survivant de Boukhara. Entouré sur trois côtés par les édifices du complexe et bordé de mûriers pluricentenaires, il sert de salon urbain à la vieille ville.

Le khanqah, devenu galerie

L'ancien lieu de retraite des derviches abrite aujourd'hui une galerie d'art et un magasin de souvenirs. L'intérieur permet de voir la salle centrale en croix typique des khanqahs d'Asie centrale.

La madrasa Nadir Divan-Beghi

Sa façade ornée de phénix, lions et soleil anthropomorphe se photographie en fin d'après-midi quand la lumière est rasante. Les anciennes cellules d'étudiants, autour de la cour, ont été converties en boutiques d'artisanat (broderies, miniatures, marionnettes). Des spectacles de danse et de musique traditionnelle y sont régulièrement organisés en soirée pour les groupes.

La madrasa Koukeldach

Elle abrite un petit musée consacré à Sadriddin Aini, écrivain tadjik-ouzbek du début du 20e siècle et ancien élève de l'établissement. Manuscrits, photographies et objets personnels y sont présentés.

Informations pratiques

  • Localisation : centre historique de Boukhara, à 5 minutes à pied du Pô-i-Kalyan et du marché couvert Toki Sarrafon.
  • Accès à la place et au bassin : libre, à toute heure.
  • Intérieurs : entrée payante symbolique pour le musée Aini (madrasa Koukeldach) ; accès libre aux boutiques des autres édifices pendant leurs horaires d'ouverture.
  • Durée de visite : comptez 45 minutes à 1 h 30 selon que vous prenez le temps d'une pause à la tchaïkhana.
  • Spectacles folkloriques : programmés en saison touristique dans la cour de la madrasa Nadir Divan-Beghi, dîner inclus, sur réservation auprès des agences locales.

Quand venir

Boukhara se visite confortablement au printemps (avril-mai) et en automne (septembre-octobre), lorsque les températures sont douces. L'été est très chaud (plus de 38 °C en juillet-août) et l'hiver peut descendre sous zéro. Lyab-i Hauz reste fréquentée toute l'année, mais c'est en fin de journée — quand la chaleur retombe et que les lampions s'allument autour du bassin — que la place prend toute sa dimension. Évitez le créneau de midi en été : les terrasses sont alors écrasées de soleil.

À proximité

Le complexe est un excellent point de départ pour explorer le centre historique :

  • Les coupoles marchandes Toki Sarrafon, Toki Telpak Furushon et Toki Zargaron, à quelques minutes à pied au nord.
  • L'ensemble Pô-i-Kalyan avec son minaret et sa mosquée du vendredi.
  • Le mausolée de l'imam Mouhammad al-Boukhari, en périphérie de la ville.
  • La citadelle de l'Ark et la mosquée Bolo-Hauz.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

L'expression signifie littéralement « au bord du bassin » en persan, langue de culture historique de Boukhara. Elle désigne à la fois le bassin lui-même et l'ensemble architectural qui l'entoure.

Comptez 45 minutes pour faire le tour des trois édifices et photographier la place, et jusqu'à 1 h 30 si vous prenez le thé à une tchaïkhana ou visitez le musée Sadriddin Aini.

Sous l'époque soviétique, les bassins de Boukhara furent comblés par souci d'hygiène, leurs eaux étant insalubres. Celui de Lyab-i Hauz fut épargné parce qu'il faisait partie intégrante d'un ensemble monumental protégé.

Oui, la cour de la madrasa Nadir Divan-Beghi accueille en saison touristique des soirées avec musique, danse et défilé de costumes traditionnels, généralement avec dîner. La réservation se fait via les agences locales ou les hôtels.

L'accès à la place et au bassin est libre. Seul le musée Aini, dans la madrasa Koukeldach, demande un billet d'entrée modeste. Les boutiques des deux autres édifices sont en accès libre pendant leurs horaires d'ouverture.

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Le complexe Lyab-i Hauz figure dans la quasi-totalité des itinéraires consacrés à Boukhara, qu'il s'agisse de circuits classiques sur la Route de la Soie ou de séjours plus contemplatifs centrés sur l'architecture timouride et chivanide. Pour construire un voyage sur mesure incluant Boukhara, Samarcande, Khiva et la vallée du Ferghana, consultez notre offre dédiée à l'Ouzbékistan.

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