
Nécropole Chor Bakr
Nécropole Chor Bakr
À 7 km au sud-ouest de Boukhara, la nécropole Chor-Bakr réunit mausolées, mosquée et jardin autour de la dynastie Djouïbar. Histoire, sites et accès.
La nécropole de Chor-Bakr, surnommée « la ville des morts », s'étend dans le village de Soumitan, à environ 7 km au sud-ouest de Boukhara. Le site abrite la sépulture d'Abou-Bakr Saïd, descendant de la lignée du prophète Mahomet et fondateur de la dynastie de Djouïbar, autour de laquelle s'est développé un ensemble architectural de mausolées, mosquée, médersa et khanaka.
Pourquoi visiter la nécropole de Chor-Bakr
Chor-Bakr réunit deux dimensions rarement associées dans un même lieu : un ensemble funéraire de la dynastie Djouïbar, dont les procédés de construction rappellent ceux de la nécropole de Shahi Zinda à Samarcande, et un site de pèlerinage toujours actif. Une croyance ancienne veut que celui qui parvient à visiter les quatre tombes des saints nommés Bakr voie un vœu se réaliser.
L'intérêt du site tient aussi à son architecture spécifique : les khaziras, cours funéraires emmurées à porte unique ornée, que l'on ne retrouve pas sous cette forme dans les autres complexes mémoriels d'Ouzbékistan. Le visiteur y trouve un lieu plus calme et moins fréquenté que les ensembles emblématiques de Boukhara intra-muros.
Une histoire qui remonte aux Samanides
Les origines de la nécropole remontent à la dynastie des Samanides. La première sépulture y consacre Abou-Bakr Saïd, figure majeure de la vie politique et spirituelle de Boukhara et fondateur de la lignée Djouïbar. Au fil des siècles, d'autres tombes de hauts dignitaires de cette dynastie sont venues s'ajouter, formant peu à peu un véritable champ de mausolées et de tombeaux-dakhmas, à l'origine du surnom de « ville des morts ».
Vers la fin du XVIe siècle, le gouverneur de Boukhara Abdoullah-khan ordonne la construction d'une mosquée, d'une médersa et d'une khanaka (auberge pour pèlerins) au cœur de la nécropole, afin d'honorer la dynastie Djouïbar. Le complexe devient un lieu de prières et de cérémonies fréquenté.
Pendant la période soviétique, la fréquentation religieuse du site est interdite. Après la fin de cette période, Chor-Bakr retrouve progressivement son statut de destination de pèlerinage islamique.
Que voir sur le site
Les khaziras
La khazira est l'élément architectural le plus caractéristique de Chor-Bakr : une cour funéraire emmurée, accessible par une seule porte ornée. La plus importante est la khazira de Djouïbar Saïd, située dans la partie nord-ouest, que l'on rejoint par un long couloir. D'autres khaziras notables se trouvent dans la section orientale, face à la mosquée et au khanaka, séparés par un petit étang.
La mosquée, la médersa et le khanaka
L'ensemble construit sous Abdoullah-khan structure le centre du complexe. La mosquée et la khanaka encadrent l'espace de pèlerinage, tandis que la médersa rappelle la fonction d'enseignement religieux du site.
Le minaret
Au début du XXe siècle, un petit minaret a été ajouté. Sa forme reprend, à échelle réduite, celle du célèbre minaret Kalyan de Boukhara.
Le jardin Chor-Bog
Au nord de la nécropole s'étend le jardin Chor-Bog, aménagé à partir du XVIe siècle. Il rassemble des sycomores, des saules, des peupliers et plusieurs essences fruitières, et offre un espace ombragé apprécié à la belle saison.
Au total, le complexe rassemble une trentaine d'éléments architecturaux, dont les procédés de construction présentent une parenté nette avec ceux de la nécropole de Shahi Zinda à Samarcande.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez environ 1 h à 1 h 30 pour parcourir l'ensemble du complexe et le jardin.
- Entrée : tarif modéré, droit photo parfois en supplément.
- Code vestimentaire : le site reste un lieu de pèlerinage actif. Privilégiez une tenue couvrant épaules et genoux ; un foulard est apprécié pour les femmes à l'intérieur de la mosquée.
- Comportement : silence de rigueur près des sépultures, ne pas circuler entre des fidèles en prière.
Comment s'y rendre
La nécropole se situe à environ 7 km au sud-ouest du centre de Boukhara, dans le village de Soumitan. Le moyen le plus simple reste le taxi depuis la vieille ville, en course directe ou en aller-retour avec attente. Les trajets sont courts, de l'ordre de 15 à 20 minutes selon la circulation. Certains chauffeurs combinent volontiers la visite avec d'autres sites des environs.
À proximité
Chor-Bakr s'inscrit dans le réseau des grands lieux de mémoire ouzbeks. À Boukhara même, on prolongera utilement la visite par le mausolée de Mouhammad al-Boukhari, autre haute figure de l'islam local. Pour comparer les architectures funéraires, le mausolée Gour-Emir à Samarcande et le minaret Islam Khodja à Khiva offrent deux contrepoints intéressants. Les amateurs d'archéologie bouddhique pousseront jusqu'au monastère de Fayaz Tepa, dans le sud du pays.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Une heure à une heure trente suffisent pour parcourir les khaziras, la mosquée, le khanaka, le minaret et le jardin Chor-Bog sans précipitation.
Le site se trouve à environ 7 km au sud-ouest du centre, dans le village de Soumitan. Le taxi est la solution la plus pratique, avec un trajet de l'ordre de 15 à 20 minutes.
Chor-Bakr reste un lieu de pèlerinage. Une tenue couvrante (épaules et genoux) est recommandée, et un foulard est utile pour les femmes à l'intérieur de la mosquée.
Inclure Chor-Bakr dans votre itinéraire
La nécropole se prête bien à une demi-journée combinée à d'autres sites de la périphérie de Boukhara. Pour intégrer cette étape à un circuit en Ouzbékistan, consultez nos voyages en Ouzbékistan et construisez avec nous un itinéraire mêlant villes de la Route de la Soie et lieux de mémoire moins fréquentés.
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